Conférence par Jérôme Buisson, historien de l’art, journaliste pour la presse artistique
Il est des dates mythiques en histoire de l’art ; des dates qui convoquent instantanément un imaginaire exubérant. Paris 1925 est de celles-ci. Sitôt prononcée, elle suscite en effet un cortège d’images fabuleuses(…). En un mot comme en cent, 1925 évoque la quintessence de l’Art déco. Les ferments de ce style étaient en germination dès les années 1910 et l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels de 1925 signe l’apogée de ce courant en offrant à ses amateurs une vitrine sans pareille au cœur de la capitale. Artistes, architectes et décorateurs y présentent leurs créations raffinées et originales dont les maîtres-mots sont modernité, géométrie, stylisation, culte des matériaux nobles et de la féminité.
https://www.lejournaldesarts.fr/expositions/la-revanche-de-lart-deco-176578
C’est une époque où tout change très vite, où sur les cendres de la Première Guerre mondiale, un besoin absolu de modernité se fait jour. Une génération d’artistes avant-gardistes, écrivains, musiciens, peintres ou sculpteurs, énonce des lois nouvelles. Les arts décoratifs ne sont pas en reste dans ce bouillonnement de création. Ils s’appellent Eileen Gray, Pierre Legrain, André Groult, Jean Dunand, Jean-Michel Frank ou Jacques-Émile Ruhlmann.
« L’Art déco fut sans doute le premier style véritablement global du XX siècle, porté par une nouvelle génération d’architectes et d’ingénieurs qui ont bâti des théâtres, des gares, des immeubles, des ambassades, des paquebots, des cités jardins, des cinémas. Un art total qui s’adresse à tout le monde, y compris les classes populaires, et qui continue de fasciner cent ans plus tard », explique le spécialiste Emmanuel Bréon, président de l’association Art déco de France.
La pureté des lignes de l’Art déco rend son esthétique atemporelle, mais si on le redécouvre avec émerveillement en 2025, c’est bien pour sa sophistication. «L’Art déco est moins en vogue que celui des années 1950 chez les décorateurs et dans les intérieurs contemporains, mais il suscite un regain d’enthousiasme, commente Bénédicte Gady, la directrice du musée. On porte sur lui un regard nouveau, lié à la résurgence de notre intérêt pour les savoirfaire.»
https://cotemaisonkiosk.milibris.com/cote-paris/vivre-cote-paris/n100-2025
https://madparis.fr/1925-2025-Cent-ans-d-Art-deco